VALERIAN, La frontière entre ce que j’aurai haï d’habitude et ce que, finalement, j’aime bien, est parfois ténue


VALERIAN
La frontière entre ce que j’aurai haï d’habitude et ce que, finalement, j’aime bien, est parfois ténue. Difficile alors de savoir le pourquoi du comment. VALERIAN, dernier pondu de Luc Besson (tout sauf un gage de qualité) appartient à la deuxième catégorie.
N’ayant jamais lu qu’un tome de la BD, il y a longtemps, j’abordais le truc sans attente ni a priori : comme un blockbuster ricain mais pas trop, bariolé et bourrin – Besson oblige. LUCY était une merde, comme toute la production du copain Luc depuis un bon moment.
VALERIAN non, c’est un film donjesque old-school, un gros gâteau de space opera qui tâche sévère, et fait visiter moult idées de décors, de situations et de personnages farfelus sans essayer de prétendre faire du neuf ou inventer quelque-chose, mais en enchaînant des péripéties à la Tintin qui me font dire, intérieurement, que la BD est peut-être ainsi faite.
Alors bien sûr le scénario ne tient pas vraiment le haut du panier de l’originalité ni n’a le moindre intérêt en tant que tel. Mais au moins n’essaye-t-il pas de prétendre le contraire, et n’hésite donc pas à passer 20 minutes hors-sujet pour des scènes marrantes et décontractées si le cœur lui en dit. Un peu comme une Meujeu qui voudrait consacrer une séance à une idée marrante histoire de faire une pause.
VALERIAN est incohérent de bout en bout, pas très bien construit, et ne cherche pas à le cacher. Ce sont des aventures rocambolesques et héroïco-kitsch, dans un univers qui n’est pas « foisonnant » comme j’ai pu le lire ailleurs : l’univers est simpliste (une ville monde), déjà vu (plein de fois) mais permet d’entasser un milliard de trouvailles visuelles en tous genres – et c’est visiblement le but. Rihanna en doppelganger, des Mondo-shawan, des trucs qui ressemblent à Krang dans les Tortues Ninja, une baston impressionnante entre univers réel et univers virtuel… Il ne faut pas confondre profondeur d’univers et foisonnement de trucs à l’écran. N’empêche, pour donner une impression de foutoir spatial, c’est réussi.
Je le répète, ce que j’ai détesté sur les derniers STAR TREK, qui sont effroyables, ne m’a pas gêné ici. Peut-être parce que l’Amérique suinte moins de partout, que les héros à fossettes au menton sont plus rares, peut-être que je vieillis et avec moi mon niveau d’exigence. Mais VALERIAN se laisse regarder comme on joue à Donj’ : pour défoncer des trucs dans des décors surréalistes, combattre des K-TRONS sans se rappeler trop pourquoi, et manger des bombecs de couleur improbable ce faisant.
Ce film m’a constamment rappelé la campagne que j’avais faite, il y a des lustres, en transformant D&D en un univers futuriste de pacotille tout en y conservant quasiment toutes les mêmes règles. Le résultat était un genre de Shadowrun dont on connaissait déjà les règles et on avait bien rigolé. Vous savez quoi ? Ça me donne envie de remettre le couvert.


Agāthe Lrx
septembre 2, 2017

Arcantes !!!

Guillaume Manlhiot
septembre 2, 2017

A noter que la BD Valérian a inspiré Star Wars (vaisseaux, extraterrestres, certaines scènes), qui a inspiré Avatar (Cameron voulait recréer un univers comme George Lucas), qui a inspiré le film Valérian (Besson a visité les studios d’Avatar)… La boucle est bouclée.